Guide de survie beauté au royaume d’Avatar

Flop, flop, flop. A chaque pas mes bottes s’enfoncent un peu plus dans la boue épaisse et collante. J’avance en terrain miné, poursuivie par une armée de moustiques dont les vrombissements insupportables viennent raisonner dans mes oreilles. Pour la troisième fois en moins d’une demi-heure, je m’asperge d’anti-moustiques Cinq sur Cinq spécial Tropic. Il semble que les moustiques amazoniens ne savent pas lire l’étiquette sur le flacon qui indique pourtant que le produit est efficace pendant huit heures d’affilées. La couleur du ciel noircit annonçant l’arrivée très prochaine de la pluie. Il faut accélérer l’allure. La prudence serait de marcher doucement en regardant bien où l’on pose ses pieds. Le tapis de feuilles mortes peut se révéler bien sournois et cacher, à quelques mètres ou centimètres seulement, un jergon ou un shushupe, deux des serpents les plus venimeux d’Amazonie, dont la robe tachetée marron et noir constitue un camouflage imparable. D’après le Guide de Survie dans la forêt tropicale, une morsure de shushupe, dont la taille peut atteindre les 2,5 mètres provoque des hémorragies interne et des paralysies respiratoires. Le taux de mortalité suite aux morsures de cette vipère est de 20 %. Même avec un sérum antivenimeux dans le sac à dos, je suis à peine rassurée !

Pendant plus de trois heures, je pense en continu aux serpents. Comment réagir si j’en croise un ? Pourquoi est ce qu’ils mordent ? J’aurais dû acheter des bottes en plastique plus épaisses. J’ai une envie pressante impossible à satisfaire avec la nuée d’insectes qui m’entourent, prêts à bondir sur le moindre morceau de peau découvert. Je sue à grosses gouttes. La température doit avoisiner les 38 degrés. Les vêtements collent à la peau. Je rêve d’un spa . La pensée d’un massage et d’un soin complet du visage avec des onguents raffinés me distrait un instant. Puis de nouveau, la sensation de mon corps tout moite et poisseux me ramène à la réalité.

Tel est le prix pour entrer au royaume d’Avatar.

Après une heure et demi d’avion, dix-huit heures de lancha, ces énormes bateaux qui sillonnent le fleuve Amazone, huit heures de péké péké , une sorte de petite barque bois avec un moteur, trois heures de marche dans la boue et à nouveau deux heures de péké péké nous arrivons enfin à la lagune El Dorado, au cœur de la réserve nationale de Pacaya Samiria, dans la jungle amazonienne au nord est du Pérou.

La magie commence.

Deux guacamayos au plumage bleu et jaune viennent nous saluer. La longévité de ces magnifiques perroquets, appelés aussi Ara Bleu, atteint les 50 à 60 ans à l’état sauvage. Monogames, ils restent avec le même compagnon toute leur vie.

La réserve de Pacaya Samiria est une zone de conservation de la biodiversité, dont l’accès aux hommes est strictement encadré, permettant à beaucoup d’espèces en voie de disparition ou surexploitées d’y trouver refuge. A chaque instant des hérons blancs et cendrés s’envolent en rasant la surface de la rivière. Le long des berges, de petites tortues dorent leur carapace au soleil. Quelques dauphins d’eau douce à la robe gris-rosé font de brèves apparitions dans la lagune. La vie sous toutes ses formes abonde. Des arbres majestueux font tremper leurs racines dans l’eau, les branches et les lianes forment un inextricable réseau reliant la rivière au ciel. Tout est relié.

J’ai l’impression de vivre en direct un programme de la chaine Discovery en dégoulinant de sueur. Sous un soleil plomb je suis littéralement en train de cuire dans mon t-shirt à manche longue gris et mon vieux jogging rouge Puma. La sensation est insupportable et pourtant il est impensable d’exposer sa peau au risque de se faire piquer par les millions (milliards ?) d’insectes qui rodent, et dont certains sont potentiellement porteurs d’une charmante maladie tropicale comme la malaria ou la dengue, sans compter les tornillos, des sortes de vers qui se mettent sous la peau. Quitte à choisir, je préfère transpirer !

A chaque fois que je voyage dans la jungle, j’opte pour une stratégie de beauté tellement minimaliste qu’elle est pratiquement inexistante ! Mon rituel de beauté amazonien quotidien se compose exclusivement de six produits indispensables : de la crème solaire La Roche Posay indice 50, un bon déodorant Rexona en spray, du savon Nivea à l’avoine, un gel pour désinfecter les mains, des lingettes pour bébé et pour se parfumer l’anti-moustique !

J’ai fait l’erreur d’emporter une crème solaire plutôt qu’un fluide, qui est pourtant plus agréable à porter lors de fortes chaleurs, et de choisir une version teinté qui tâche beaucoup plus vite les vêtements, comme j’ai pu l’apprendre à mes dépends.

Kit de survie beauté dans la jungle

Les rituels de beauté lors d’une expédition dans la jungle sont complètement différents de ceux des villes. Ils demandent de changer radicalement sa conception des soins et la beauté. En ville, les produits de beautés servent à l’embellissement. Au moyen de crèmes, de fond de teint, de rouge à lèvres ou de parfums on va chercher à attirer et séduire.

Dans la jungle, c’est une autre histoire. La préoccupation principale est la répulsion. Tout est fait pour éloigner les odeurs, le soleil, les insectes, voir dans certains cas les hommes qui peuvent se montrer un peu pesant envers la gent féminine qui se fait rare et plus particulièrement envers toute femme issue de l’espèce « gringa ».

J’ai tellement du mal à ne rien emmener comme produits de beauté que je finis toujours par glisser un ou deux échantillons de crèmes pour le corps ou de parfums, au cas où j’ai une envie subite de me « re-civiliser ». En réalité je ne les utilise jamais. Cette fois-ci, j’ai emmené « au cas où » un sachet d’huile à la rose de Weleda, un sachet de crème hydrante pour le corps de Melvita et une petite fiole de parfum « Voyage » de Hermès. Ils sont restés dans ma trousse de toilette jusqu’à la fin du séjour.

Voyage de Hermès dans la jungle

Le problème est que je ne trouve pas de moment quand les utiliser.

Alors qu’en ville il suffit d’ouvrir un robinet pour se laver, au royaume d’Avatar la toilette se révèle être une mission quasi impossible.

Pour commencer il n’y a pas de salle de bain.

Vous avez le choix entre le bain avec les crocodiles ou la douche dans le noir avec les moustiques.

Les produits "au cas où" qui ne servent jamais !

Bain de lune au paradis

Lire la suite….Comment prendre un bain avec un caïman….ici !

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4 Responses to “Guide de survie beauté au royaume d’Avatar”

  1. Melie says:

    oh non !!! t’as pas le droit de mêler nature et…. marketing !!!! Surtout pas en pleine forêt amazonienne c’est juste une question de “respect” surtout dans un endroit qui subi tant et tant de déforestation… Si encore c’était du bio …. Je suis revenue d’un trip en mode routard au Costa Rica il y a deux mois et depuis bam, je me suis prise une claque ,une grosse remise en question,alors là dessus y a point moyen je dis oui à ton article mais non,non et re non à toute cette pub….. C’est l’effet Jungle. Et je pense que tu dois très bien comprendre ce que je veux dire ,surtout si comme tu le dis t’as l’habitude de voyager .. Ou alors nos perceptions relatives au voyage et donc à la nature en général sont vraiment différentes…

    • Neige says:

      Bonjour Melie !

      Désolé si tu as pensé que mon article était fait pour faire de la pub ! Ce n’était absolument pas mon but. Je ne fais pas de pub sur mon blog. L’objet de l’article est …comment prendre soin de soin dans la forêt ! J’ai juste mis les produits que j’ai utilisé cette fois-ci pour illustrer, qui comme tu as pu le voir, sont peu nombreux. Cela fait plus de 12 ans que j’utilise des cosmétiques bio.Malheureusement il n’existe pas encore (sauf erreur de ma part) d’anti-moustique bio contre les insectes tropicaux quand tu voyages en zone endémique et que tu fais des réactions allergiques au piqûres (comme c’est malheureusement le cas pour moi !). Pour avoir eu la malchance d’attraper une maladie tropicale qui m’a abîmé le foie et immobilisé pendant trois mois, je fais particulièrement attention. Il n’existe pas de produits cosmétique bio au Pérou à part Weleda, qui ne fait pas de crèmes solaires, de lingettes pour bébé et dont le déo au citron fait pâle figure sous les 38 degrés de chaleur. Voilà …c’était un post qui s’inscrit dans la ligne éditoriale du blog…parler de la beauté et dont l’idée est : ” comment prendre soin de soi quand on part en expédition dans un pays et qu’il n’y pas de produits bio dispo?” ! Comment fais-tu quand tu voyage pendant de longue période dans des pays “à risques” ? Après avoir travaillé pendant plus de quatre ans en Amazonie et dans les Andes sur des projets de valorisation de plantes médicinales, je pense être assez au clair sur quel respect porter à la nature. Encore une fois, je suis désolé si tu n’as pu penser que je faisais de la pub ! A bientôt ! Marie

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